📋 Fiche de révision · SSIAP 3

Le feu et ses conséquences

Le socle scientifique du SSIAP 3 : comprendre comment un feu naît, se développe et se propage. Lecture : 5 minutes.

1 La combustion et les classes de feu

La combustion est une réaction chimique d'oxydo-réduction exothermique : le combustible est le réducteur (il perd des électrons), le comburant l'oxydant. Elle exige la réunion simultanée de trois éléments (triangle du feu) : un combustible, un comburant et une énergie d'activation. Supprimer un seul des trois suffit à éteindre le feu.

  • Comburant : le dioxygène est le principal, mais pas le seul (ozone, eau oxygénée, chlorates, perchlorates, dioxyde d'azote…). L'air contient 21 % d'O2 ; selon le cours, la combustion reste possible dès 15 %.
  • Énergie d'activation : mécanique (frottement), chimique, électrique (étincelle, arc), thermique, biologique. Elle dépend de l'état du combustible, de la température et de la pression.
  • Catalyseur : un activateur réduit l'énergie nécessaire, un inhibiteur l'augmente.
ClasseCombustiblesExemples
ASolides formant des braisesBois, papier, carton, tissus
BLiquides ou solides liquéfiablesEssence, gazole, fioul
CGaz ou vapeursButane, propane, acétylène, hydrogène
DMétauxMagnésium, sodium
FHuiles et graisses de cuissonFriteuse, appareil de cuisson
Pas d'eau sur un feu de métal : le métal en combustion, très avide d'oxygène, arrache l'oxygène de la molécule d'eau et aggrave l'incendie.

2 Caractériser un combustible

Trois notions décrivent la chaleur dégagée : le pouvoir calorifique (par kg, MJ/kg), le potentiel calorifique (par m² de surface horizontale, MJ/m²) et le débit calorifique (qui dépend aussi de l'alimentation en air et des dimensions du local). Le PCS sert à la classification en réaction au feu des matériaux, le PCI au calcul du potentiel calorifique dans l'évaluation du risque incendie. Selon le cours, le risque est faible sous 500 MJ/m², moyen de 500 à 900, élevé au-delà de 900 MJ/m².

Pour les liquides, on distingue trois températures, dans cet ordre croissant : point éclair < point d'inflammation < point d'auto-inflammation.

  • Point éclair : température minimale à laquelle le liquide dégage assez de vapeurs pour s'enflammer au contact d'une source d'allumage ; l'inflammation cesse dès que la source est retirée. C'est la notion retenue pour le stockage, le transfert et la manipulation des liquides inflammables.
  • Point d'inflammation : la combustion s'entretient seule après retrait de la source.
  • Auto-inflammation : inflammation spontanée, sans source d'allumage.
  • Exemple : à 20 °C, l'essence (point éclair -43 °C) et l'acétone (-18 °C) s'enflamment au contact d'une source ; le gazole (70 °C) et l'huile lourde (232 °C) non.

Pour les gaz et vapeurs, le domaine d'inflammabilité (ou d'explosivité) est borné par la limite inférieure (mélange trop pauvre en combustible) et la limite supérieure (trop pauvre en comburant). Selon le cours, l'hydrogène a le domaine le plus étendu (4 à 75 %), devant l'oxyde de carbone (15 à 74 %), le méthane (5 à 14 %) et le propane (3 à 10 %).

Un solide brûle en trois phases : distillation, puis inflammation des gaz, puis ignition de la matière. Des poussières en suspension peuvent provoquer une explosion généralisée, la flamme passant d'un nuage à l'autre.

Réglementairement, la réaction au feu d'une paroi dépend des produits et matériaux qui la constituent (AM 2), et l'exploitant doit pouvoir justifier leur classement (GN 12).

3 Fumées et gaz de combustion

Les fumées sont le premier danger : selon le cours, elles causent environ 80 % des décès en incendie. Elles sont dangereuses par leur opacité, leur toxicité, leur température et leur corrosivité, et contiennent des gaz inflammables qui propagent l'incendie.

GazOrigine / effet
COCombustion incomplète (manque d'oxygène) ; mortel à 0,3 % dans l'air
HClCombustion des PVC ; irritant, toxique, corrosif
HCNMatériaux azotés (laine, soie, nylon, polyuréthane)
  • Fumées noires et épaisses : beaucoup de particules de carbone (hydrocarbures, caoutchoucs, polymères de synthèse).
  • Déplacement horizontal : 0,5 à 1 m/s. Les circulations sont vite envahies.
  • Les fumées chaudes stratifient en hauteur : 30 °C au sol peuvent signifier environ 300 °C à hauteur de tête. On se déplace au plus près du sol, où l'air reste le plus respirable.
  • Les flammes atteignent 1000 °C et jusqu'à 2500 °C avec un mélange hydrogène-oxygène.

4 Développement et propagation de l'incendie

Environ 90 % de l'énergie dégagée sert à la propagation de l'incendie, 10 % à l'entretien de la combustion. Quatre modes : conduction (par la masse du matériau), convection (mouvement des gaz chauds, qui montent et stratifient), rayonnement (important dès 600 °C ; dès 1000 °C il peut apporter l'énergie d'activation à un combustible voisin) et projections.

PhaseCaractéristiques
1. Initiation (éclosion)Feu couvant, sans flamme, parfois beaucoup de fumée ; de une fraction de seconde à plusieurs jours
2. CroissanceLe feu se développe
3. Embrasement généraliséGénéralisation brutale à tout le local
4. Plein développementTempérature jusqu'à 1000-1200 °C selon la charge calorifique
5. DéclinBaisse régulière de 7 à 10 °C par minute

Le préchauffage est une phase de combustion d'un solide, pas une phase de l'incendie.

Flash-over (embrasement généralisé éclair) : généralisation brutale à tout le local par le rayonnement des gaz chauds accumulés en haut. Back-draft (explosion de fumées) : local clos en manque d'oxygène, arrivée brutale d'air (porte, vitre) qui mélange fumées et comburant. Deux phénomènes distincts.

Autres phénomènes : le BLEVE est l'explosion de vapeur d'un réservoir hermétique de gaz liquéfié (GPL, propane, butane, ammoniac) surchauffé ; le boil-over touche les réservoirs atmosphériques de liquides lourds (gazole, fuel, brut) avec un résidu d'eau : 1 L d'eau donne 1700 L de vapeur, qui expulse l'émulsion en feu.

Côté causes d'éclosion : étincelle, arc électrique et échauffement de conducteurs sont des causes énergétiques ; la foudre est naturelle, la malveillance humaine. Pour limiter l'énergie d'allumage : défense de fumer, mise à la terre, surveillance des points chauds.

★ À retenir

  • Triangle du feu : combustible, comburant, énergie d'activation ; en supprimer un seul éteint le feu.
  • Classes : A solides à braises, B liquides, C gaz, D métaux, F huiles de cuisson.
  • Point éclair < point d'inflammation < point d'auto-inflammation ; le point éclair sert au stockage et à la manipulation des liquides.
  • Les fumées causent environ 80 % des décès : on se déplace au plus près du sol.
  • Cinq phases : initiation, croissance, embrasement généralisé, plein développement, déclin.
  • Flash-over = généralisation par rayonnement ; back-draft = explosion de fumées après apport d'air.
  • BLEVE = gaz liquéfié ; boil-over = liquide lourd avec résidu d'eau.
⚠️ Pièges classiques d'examen
  • Flash-over et back-draft sont souvent permutés : l'un généralise le feu, l'autre est une explosion de fumées dans un local clos.
  • BLEVE et boil-over : gaz liquéfié sous pression d'un côté, liquide lourd à pression atmosphérique avec eau de l'autre.
  • L'ordre des températures : le point éclair est le plus bas, l'auto-inflammation le plus haut.
  • PCS pour la réaction au feu, PCI pour le potentiel calorifique du risque incendie, et non l'inverse.
  • La combustion reste possible sous 21 % d'O2 (dès 15 % selon le cours) ; 6 % est un seuil de survie, pas de combustion.
  • Le préchauffage n'est pas une phase du développement de l'incendie.

📖 AM 2, GN 12 — arrêté du 25 juin 1980 modifié, consultable dans le règlement ERP du site.

Questions d'entraînement corrigées

Parmi les propositions suivantes, lesquelles font partie des trois éléments du triangle du feu ?

  • Un point éclair
  • Un comburant
  • Une énergie d'activation
  • Un combustible

Bonne réponse : Un comburant ; Une énergie d'activation ; Un combustible. La combustion exige la réunion simultanée d'un combustible, d'un comburant et d'une énergie d'activation ; supprimer l'un des trois éteint le feu (cours SSIAP 3, fasc. 1). Le point éclair est une caractéristique d'un liquide, pas un élément du triangle.

Un feu de bois, de papier ou de tissu formant des braises est un feu de classe :

  • B
  • F
  • D
  • A

Bonne réponse : A. La classe A regroupe les feux de solides formant des braises : bois, papier, carton, tissus (cours SSIAP 3, fasc. 1).

Un local présente un risque incendie « élevé » lorsque son potentiel calorifique dépasse :

  • 500 MJ/m²
  • 1200 MJ/m²
  • 700 MJ/m²
  • 900 MJ/m²

Bonne réponse : 900 MJ/m². Faible : < 500 MJ/m² ; moyen : de 500 à 900 MJ/m² ; élevé : > 900 MJ/m² (cours SSIAP 3, fasc. 1).

À 20 °C, lesquels de ces liquides émettent assez de vapeurs pour s'enflammer au contact d'une source d'allumage ? Essence (point éclair -43 °C), acétone (-18 °C), gazole (70 °C), huile lourde (232 °C).

  • Le gazole
  • L'acétone
  • L'essence
  • L'huile lourde

Bonne réponse : L'acétone ; L'essence. Un liquide s'enflamme au contact d'une source d'allumage dès que sa température dépasse son point éclair : -43 °C et -18 °C sont inférieurs à 20 °C, 70 °C et 232 °C sont supérieurs (valeurs du tableau d'inflammabilité du cours SSIAP 3, fasc. 1).

Pour un même produit, l'ordre croissant des températures est :

  • Point éclair < point d'inflammation < point d'auto-inflammation
  • Point éclair < point d'auto-inflammation < point d'inflammation
  • Point d'auto-inflammation < point d'inflammation < point éclair
  • Point d'inflammation < point éclair < point d'auto-inflammation

Bonne réponse : Point éclair < point d'inflammation < point d'auto-inflammation. Le point éclair est le plus bas, puis le point d'inflammation (quelques degrés plus haut), puis le point d'auto-inflammation (cours SSIAP 3, fasc. 1, §3.2).

Le flash-over (embrasement généralisé éclair) correspond à :

  • Un feu couvant qui dégage de la fumée sans flamme dans un local, faute d'apport d'air suffisant
  • Une explosion de fumées due à l'arrivée brutale d'air dans un local clos en manque d'oxygène
  • La phase de déclin d'un incendie, quand la température baisse de façon régulière après le pic
  • Une généralisation brutale de l'incendie à tout le local, par rayonnement

Bonne réponse : Une généralisation brutale de l'incendie à tout le local, par rayonnement. Le flash-over est une généralisation brutale d'un feu localisé à tout le local ; ne pas le confondre avec le back-draft, explosion de fumées après arrivée brutale d'air (cours SSIAP 3, fasc. 1, §4.4).

Un back-draft (explosion de fumées) se produit typiquement dans :

  • Un local clos en manque d'oxygène, où une arrivée d'air brutale mélange fumées et comburant
  • Un local largement ouvert où le rayonnement porte tous les combustibles à leur température d'inflammation
  • Un réservoir de liquide lourd comportant un résidu d'eau
  • Un réservoir de gaz liquéfié surchauffé qui se rompt brutalement

Bonne réponse : Un local clos en manque d'oxygène, où une arrivée d'air brutale mélange fumées et comburant. Dans un local clos en dépression, l'arrivée brutale d'air (bris de vitre, ouverture de porte) mélange les strates de fumées et provoque l'explosion de fumée (cours SSIAP 3, fasc. 1, §4.4).

Le BLEVE résulte typiquement de la surchauffe d'un réservoir hermétique contenant :

  • Des poussières combustibles en silo
  • Un gaz liquéfié (GPL, propane, butane)
  • Un solide combustible stocké en tas
  • Un liquide lourd en réservoir atmosphérique, avec un résidu d'eau

Bonne réponse : Un gaz liquéfié (GPL, propane, butane). Le BLEVE est une explosion de vapeur en expansion : citerne de GPL, propane, butane, ammoniac, gaz cryogéniques surchauffée par un incendie (cours SSIAP 3, fasc. 1, p. 25). Le liquide lourd avec poche d'eau relève du boil-over.