Un thème riche en seuils chiffrés que l'examen aime faire permuter : mieux vaut les relier à leur logique. Lecture : 5 minutes.
1 Les principes du désenfumage (DF 3)
Le désenfumage se réalise naturellement ou mécaniquement (DF 3, § 1), selon l'une des méthodes suivantes :
le balayage : apport d'air neuf et évacuation des fumées de l'espace que l'on veut maintenir praticable ;
la différence de pressions entre le volume à protéger et le volume sinistré mis en dépression relative ;
la combinaison des deux.
Selon le cours, en balayage naturel les évacuations de fumées et les amenées d'air sont naturelles et communiquent avec l'extérieur, directement ou par conduits, aucune dimension d'ouverture n'est inférieure à 0,20 m. En désenfumage mécanique, l'extraction passe par des bouches reliées à un ventilateur d'extraction et l'amenée d'air mécanique par des bouches reliées à un ventilateur de soufflage.
Commande : avec un SSI de catégorie A, pendant la présence du public, le désenfumage est commandé avant le déclenchement de l'extinction automatique à eau (DF 3, § 2).
Ventilation mécanique : à la mise en fonctionnement du désenfumage, elle est interrompue dans le volume concerné, sauf la VMC et sauf si elle participe au désenfumage (DF 3, § 5). L'arrêt est obtenu depuis le CMSI pour un SSI de catégorie A ou B.
Cantons de désenfumage (selon le cours) : un local de plus de 2 000 m² ou de plus de 60 m de long est découpé en cantons par des écrans de cantonnement (séparations verticales sous toiture ou plancher haut, opposées à l'écoulement latéral des fumées). Un canton fait au plus 1 600 m² et 60 m de long. Ne pas confondre seuil de découpage et taille maximale d'un canton.
> 100 m² en sous-sol ; > 300 m² au RDC et en étage ; > 100 m² sans ouverture sur l'extérieur
Un escalier non encloisonné n'est pas à désenfumer si les volumes avec lesquels il communique ne sont pas obligatoirement désenfumés ; sinon il est séparé des niveaux inférieurs par des écrans de cantonnement.
3 Électricité de sécurité
Trois sources à distinguer (EL 3) : la source normale (réseau de distribution), la source de remplacement (poursuivre tout ou partie de l'exploitation) et la source de sécurité (maintenir les matériels concourant à la sécurité si la source normal-remplacement défaille). Le temps de commutation est l'intervalle entre la défaillance de l'alimentation normale et la mise sous tension aux bornes de la source de sécurité.
Installations de sécurité (EL 3) : notamment l'éclairage de sécurité, le SSI, les secours en eau ; l'éclairage de remplacement et la ventilation de confort n'en font pas partie.
Groupe électrogène de sécurité : temps de commutation maximal de 10 secondes sauf dispositions aggravantes (EL 13, § 2).
Désenfumage mécanique : alimentation électrique de sécurité (AES) conforme à NF S 61-940 (DF 3, § 3). Dérivation directe du tableau principal admise en 1re et 2e catégorie si la puissance des moteurs d'extraction des deux zones les plus contraignantes est inférieure à 10 kW, et en 3e et 4e catégorie. L'APS (pneumatique) concerne le désenfumage naturel (DF 3, § 4).
Entretien du groupe électrogène (EL 18, § 4) : tous les 15 jours, niveaux, réchauffage et source de démarrage ; tous les mois, démarrage automatique avec au moins 50 % de la puissance pendant au moins 30 minutes, consigné au registre d'entretien.
4 L'éclairage de sécurité (EC)
Trois éclairages (EC 3) : normal (source normale), de remplacement (tout ou partie du normal, sur source de remplacement, éventuel) et de sécurité (source de sécurité si la source normale disparaît). Il doit être à l'état de veille pendant l'exploitation, avec une durée assignée de fonctionnement d'au moins 1 heure (EC 7).
Accéder à l'extérieur : cheminements, sorties, balisage, obstacles
Éviter la panique dans les grands volumes
Obligatoire
Locaux de 50 personnes et plus ; locaux > 300 m² en étage et RDC ; > 100 m² en sous-sol
Local ou hall pouvant accueillir 100 personnes en étage ou RDC, 50 en sous-sol
Flux (EC 9, EC 10)
Foyers espacés de 15 m maximum dans les couloirs ; au moins 45 lumens par foyer
Au moins 5 lumens par m² de local
Exploitation (EC 14, § 3) : chaque mois, passage en fonctionnement avec contrôle de l'allumage de toutes les lampes et efficacité de la commande de repos à distance ; tous les six mois, autonomie d'au moins 1 heure. Les blocs autonomes à SATI (système automatique de test intégré) peuvent réaliser ces opérations automatiquement.
5 Vérifications du désenfumage (DF 10)
La périodicité de base est d'un an (DF 10, § 2) : commandes manuelles et automatiques, volets, exutoires et ouvrants, fermeture des éléments de compartimentage, arrêt de la ventilation de confort, ventilateurs, et mesures de pression, débit et vitesse en désenfumage mécanique.
Avec un désenfumage mécanique et un SSI de catégorie A ou B, les vérifications sont effectuées tous les trois ans par un organisme agréé (DF 10, § 3).
★ À retenir
Désenfumage : balayage, différence de pressions ou combinaison ; naturel ou mécanique.
SSI de catégorie A : le désenfumage est commandé avant l'extinction automatique à eau.
Seuils : circulation > 30 m ; hall > 300 m² ; local > 300 m² (RDC/étage) ou > 100 m² (sous-sol ou sans ouverture).
Escalier encloisonné : balayage naturel ou surpression, jamais d'extraction mécanique.
Groupe électrogène de sécurité : commutation 10 s maximum ; essai mensuel à 50 % pendant 30 min minimum.
Éclairage de sécurité : veille pendant l'exploitation, autonomie 1 h ; contrôle mensuel et autonomie tous les 6 mois.
Désenfumage : vérification annuelle ; tous les 3 ans par organisme agréé avec désenfumage mécanique et SSI A ou B.
⚠️ Pièges classiques d'examen
Les seuils de l'éclairage d'évacuation (50 personnes) et d'ambiance (100 personnes en étage/RDC, 50 en sous-sol) se confondent : 50 personnes pour l'évacuation ; 100 (étage/RDC) ou 50 (sous-sol) pour l'ambiance.
Dans un ERP équipé d'un SSI de catégorie A et d'une extinction automatique à eau, quand le désenfumage doit-il être commandé pendant la présence du public ?
En même temps que l'extinction, par un ordre de commande unique
Après la fin de l'évacuation complète du public
Avant le déclenchement de l'extinction à eau
Après le déclenchement de l'extinction automatique à eau
Bonne réponse : Avant le déclenchement de l'extinction à eau. DF 3 § 2 : pendant la présence du public et avec un SSI de catégorie A, le désenfumage doit être commandé avant le déclenchement de l'extinction automatique à eau des bâtiments protégés par une telle installation.
Que devient la ventilation mécanique d'un volume lorsque le désenfumage de ce volume se met en fonctionnement ?
Elle est interrompue dans tout le bâtiment dès l'alarme générale
Elle est interrompue, sauf la VMC et la ventilation aidant au désenfumage
Elle est maintenue pour assister l'extraction des fumées dans tous les cas
Elle est interrompue, y compris la VMC, dans tout le volume concerné
Bonne réponse : Elle est interrompue, sauf la VMC et la ventilation aidant au désenfumage. DF 3 § 5 : la ventilation mécanique, à l'exception de la VMC, est interrompue dans le volume concerné, à moins qu'elle ne participe au désenfumage. L'arrêt est commandé depuis le CMSI pour un SSI de catégorie A ou B.
Parmi les escaliers suivants, lesquels doivent être désenfumés ou mis à l'abri des fumées ?
Les escaliers encloisonnés
Les escaliers non encloisonnés qui ne communiquent qu'avec des volumes non désenfumés
Les escaliers desservant plus de deux niveaux de sous-sol
Les escaliers desservant au plus deux niveaux de sous-sol
Bonne réponse : Les escaliers encloisonnés ; Les escaliers desservant plus de deux niveaux de sous-sol. DF 5 : les escaliers encloisonnés sont désenfumés par balayage naturel ou mis en surpression (§ 1) ; au-delà de deux niveaux de sous-sol le désenfumage est obligatoire (§ 4) ; il n'est pas exigible jusqu'à deux niveaux (§ 3) ni pour un escalier non encloisonné dont les volumes ne sont pas désenfumés (§ 2).
Dans quels cas un local accessible au public doit-il être désenfumé ?
Plus de 100 m² en sous-sol ou sans ouverture sur l'extérieur
Plus de 100 m² au rez-de-chaussée ou en étage, quelle que soit l'ouverture sur l'extérieur
Seulement à partir de 300 m² en sous-sol, quelle que soit l'ouverture
Plus de 300 m² au rez-de-chaussée ou en étage
Bonne réponse : Plus de 100 m² en sous-sol ou sans ouverture sur l'extérieur ; Plus de 300 m² au rez-de-chaussée ou en étage. DF 7 § 1 : sont désenfumés les locaux de plus de 100 m² en sous-sol, ceux de plus de 300 m² au rez-de-chaussée et en étage, et ceux de plus de 100 m² sans ouverture sur l'extérieur (porte ou fenêtre).
L'éclairage de sécurité d'évacuation est obligatoire dans :
Les locaux de 200 personnes et plus, de plus de 300 m² en étage ou RDC, de plus de 100 m² en sous-sol
Les locaux de 50 personnes et plus, de plus de 300 m² en étage ou RDC, de plus de 100 m² en sous-sol
Les locaux de 100 personnes et plus, de plus de 100 m² en étage ou RDC, de plus de 300 m² en sous-sol
Les locaux de 50 personnes et plus, de plus de 600 m² en étage ou RDC, de plus de 300 m² en sous-sol
Bonne réponse : Les locaux de 50 personnes et plus, de plus de 300 m² en étage ou RDC, de plus de 100 m² en sous-sol. EC 8 § 2 : l'éclairage d'évacuation s'applique aux locaux recevant cinquante personnes et plus et aux locaux de plus de 300 m² en étage et au rez-de-chaussée et de plus de 100 m² en sous-sol.
À partir de quel effectif l'éclairage d'ambiance (anti-panique) est-il obligatoire dans un local ou un hall ?
100 personnes, quel que soit le niveau
50 personnes en étage ou au RDC, 100 personnes en sous-sol
100 personnes en étage ou au RDC, 50 personnes en sous-sol
200 personnes en étage ou au RDC, 100 personnes en sous-sol
Bonne réponse : 100 personnes en étage ou au RDC, 50 personnes en sous-sol. EC 8 § 3 : l'éclairage d'ambiance est installé dans tout local ou hall dont l'effectif peut atteindre 100 personnes en étage ou au rez-de-chaussée, ou 50 personnes en sous-sol. Ne pas confondre avec les seuils de l'éclairage d'évacuation.
À quelle fréquence l'exploitant vérifie-t-il l'autonomie d'au moins 1 heure de l'éclairage de sécurité ?
Tous les six mois, par l'exploitant
Tous les deux ans, par un organisme agréé
Tous les mois, lors du test de fonctionnement
Tous les ans, lors de la visite périodique
Bonne réponse : Tous les six mois, par l'exploitant. EC 14 § 3 : l'exploitant s'assure tous les six mois de l'autonomie d'au moins 1 heure, en complément des contrôles mensuels de fonctionnement.
Sauf dispositions aggravantes, quel est le temps maximal de commutation d'un groupe électrogène de sécurité ?
10 secondes
15 secondes
5 secondes
60 secondes
Bonne réponse : 10 secondes. EL 13 § 2 : sauf dispositions aggravantes du règlement, le temps maximal de commutation d'un groupe électrogène de sécurité est de dix secondes.