Deuxième partie du programme : comprendre le SSI, l'exploiter depuis le PC et suivre sa maintenance. Lecture : 6 minutes.
1 Les composants
Le SSI regroupe l'ensemble des matériels qui collectent les informations et ordres liés à la sécurité incendie, les traitent et exécutent les fonctions de mise en sécurité (MS 53).
Élément
Rôle
SDI — système de détection incendie
Détecte le plus tôt possible : détecteurs automatiques (DAI), déclencheurs manuels (DM), équipement de contrôle et de signalisation.
SMSI — mise en sécurité incendie
Ensemble des équipements qui assurent la mise en sécurité (MS 59).
CMSI
Centralisateur : transforme informations et ordres manuels en ordres électriques vers les DAS ; l'US (unité de signalisation) affiche alarme, dérangements, position des DAS.
DAS
Dispositifs actionnés de sécurité : compartimentage (portes coupe-feu, clapets), désenfumage (volets, exutoires), évacuation (déverrouillage des issues, non-stop ascenseur, diffuseurs sonores).
DAD
Détecteur autonome déclencheur : un « mini SSI » local qui détecte et commande des DAS de compartimentage, sans CMSI.
Catégories de SSI : A > B > C > D > E, de la plus complète à la plus simple. La catégorie A est exigée notamment avec des locaux à sommeil ; les dispositions de chaque type d'ERP précisent la catégorie requise.
2 Les zones
Selon MS 55 : une zone de diffusion d'alarme (ZA) englobe une ou plusieurs zones de mise en sécurité (ZS), et chaque ZS englobe une ou plusieurs zones de détection (ZD). Les ZS regroupent les zones de compartimentage (ZC) et de désenfumage (ZF) (MS 54).
Alarme restreinte : arrive au PC, permet la levée de doute avant l'alarme générale. Alarme générale : évacuation, immédiate ou temporisée (5 minutes au maximum, uniquement si le PC est occupé en permanence).
3 Les niveaux d'accès
Niveau
Qui ?
Quoi ?
0
Tout le public
Actions sans risque (actionner un déclencheur manuel).
1
Personnel de sécurité
Lire les signalisations, arrêter le signal sonore de l'équipement.
2
Personnel formé et autorisé par l'exploitant (clé ou code)
Exploitation : réarmement, commandes manuelles des DAS, mise hors/en service d'une zone, essais. Un agent SSIAP 1 au PC y a accès.
3
Personnel de maintenance habilité
Contrôle et maintenance élémentaire.
4
Personnel agréé par le constructeur
Interventions poussées (reprogrammation, remplacement de matériel).
Le retour au niveau 0 se fait après un délai d'inactivité ou par action volontaire.
4 Vérifications, défauts, tests
Périodicité
Opération
Quotidien
Voyants de l'US/CMSI et état des alimentations de sécurité.
Mensuel
Essai de déverrouillage des issues de secours.
Trimestriel
Essais du compartimentage et des coffrets de relayage.
Semestriel
Essais du CMSI, des DAS, des DAI et des DM.
Annuel
Visite de contrôle par une entreprise agréée ; vérification triennale supplémentaire pour les SSI de catégories A et B (MS 73).
Dérangement du SSI : tracer, alerter la maintenance, compenser par une surveillance renforcée.
Voyant orange/jaune « défaut source normale » : problème d'alimentation normale. Défaut de la source de sécurité : à traiter en priorité (maintenance rapide, consigné).
Contrat d'entretien avec une entreprise qualifiée, annexé au registre de sécurité ; suivre les anomalies d'un rapport de maintenance et informer la hiérarchie.
Test du SSI : coordonné avec la direction, annoncé, sans confusion possible avec un incident réel.
Doute sur une information du SSI : levée de doute avant toute décision lourde.
5 Extinction automatique
Type
À retenir
Eau (sprinkler)
Têtes thermosensibles qui éclatent au-dessus du foyer, puis la suivante si le feu progresse. Poste de contrôle entre le réseau et les sources d'eau (vanne cadenassée ouverte, cloche d'alarme) ; au plus 8 000 m² et 1 000 têtes par poste. Vérification triennale par organisme agréé (MS 73).
Gaz (CO₂, gaz inertes)
Salles informatiques, musées, armoires électriques : lieux où l'eau est proscrite. Double détection, déclenchement aussi manuel, temporisation de 30 secondes avec alarme sonore et visuelle avant l'émission.
Mousse
Source d'eau, réservoir d'émulseur, générateur de mousse, canalisations (pas de cloche sprinkler).
Poudre
Solvants, peintures, hydrocarbures de faible importance ; propulsée par CO₂ ou azote comprimé.
★ À retenir
SSI = collecter, traiter, mettre en sécurité ; CMSI → DAS (compartimentage, désenfumage, évacuation).
ZA ⊃ ZS ⊃ ZD (MS 55). Alarme restreinte au PC = levée de doute.
Niveau 2 : exploitation (réarmement, commandes) pour le personnel formé et autorisé ; 3 maintenance ; 4 constructeur.
Quel est le rôle du CMSI (centralisateur de mise en sécurité incendie) ?
Alimenter en énergie de sécurité les équipements du SSI en cas de coupure secteur
Déclencher l'alerte vers les sapeurs-pompiers dès réception d'une information de détection
Convertir les informations et ordres manuels en ordres vers les équipements de mise en sécurité
Détecter l'apparition de fumées et de chaleur dans les zones surveillées du bâtiment
Bonne réponse : Convertir les informations et ordres manuels en ordres vers les équipements de mise en sécurité. Le CMSI traite les informations de détection et les ordres manuels et commande les DAS ; il dispose d'une unité de signalisation (US).
Qu'est-ce qui distingue l'alarme restreinte de l'alarme générale ?
L'alarme restreinte est réservée aux sapeurs-pompiers, l'alarme générale au personnel
L'alarme restreinte est un signal sonore seul, l'alarme générale un signal visuel
L'alarme restreinte avertit les occupants d'une seule zone, l'alarme générale ceux de tout le bâtiment
L'alarme restreinte avertit le poste de sécurité, ce qui permet la levée de doute avant l'alarme générale
Bonne réponse : L'alarme restreinte avertit le poste de sécurité, ce qui permet la levée de doute avant l'alarme générale. Art. MS 61 : l'alarme générale est un signal sonore qui prévient les occupants d'évacuer ; l'alarme restreinte est un signal sonore et visuel distinct qui avertit le poste de sécurité (ou le personnel désigné) avant, éventuellement, le déclenchement de l'alarme générale.
Que permet le niveau d'accès 1 d'un CMSI ?
La mise hors service temporaire d'une zone de détection
La lecture des signalisations et l'arrêt du signal sonore de l'équipement
Le réarmement du CMSI après disparition de la cause de l'alarme
La modification de la programmation du système
Bonne réponse : La lecture des signalisations et l'arrêt du signal sonore de l'équipement. Le niveau 1 se limite à la consultation (voyants, afficheur) et à l'arrêt du signal sonore local. Le réarmement et les commandes relèvent du niveau 2 (clé/code), la programmation du niveau 3, les interventions matérielles du niveau 4.
Parmi ces manœuvres, lesquelles relèvent du niveau d'accès 2 d'un CMSI ?
La modification de la programmation des zones de détection
Le remplacement d'une carte électronique du CMSI
Le réarmement après disparition de la cause de l'alarme
Les commandes manuelles des DAS depuis l'unité de signalisation
Bonne réponse : Le réarmement après disparition de la cause de l'alarme ; Les commandes manuelles des DAS depuis l'unité de signalisation. Le niveau 2 (clé ou code) couvre les manœuvres d'exploitation : commandes manuelles, réarmement, mise hors/en service, essais. Modifier la programmation relève du niveau 3 ou 4.
À qui est réservé le niveau d'accès 4 d'un SSI ?
Au chef de service de sécurité incendie SSIAP 3
À un technicien de maintenance habilité
À l'exploitant de l'établissement
À un personnel agréé par le constructeur
Bonne réponse : À un personnel agréé par le constructeur. Le niveau 4 correspond aux interventions les plus poussées (dessoudage, reprogrammation, remplacement de matériel), réservées au personnel agréé par le constructeur.
À quelle fréquence réalise-t-on les essais du CMSI, des DAS, des DAI et des DM ?
Tous les six mois
Tous les trois mois
Tous les mois
Tous les ans
Bonne réponse : Tous les six mois. Les essais semestriels contrôlent le fonctionnement de la chaîne de détection (DAI, DM) et d'action (CMSI, DAS). La visite annuelle de contrôle les complète.
Le SSI affiche une information dont le chef d'équipe doute. Que fait-il ?
Met la zone hors service pour éviter les déclenchements intempestifs
Évacue immédiatement tout le bâtiment, sans vérification
Attend un second signal du même détecteur pour agir
Procède à une levée de doute avant toute décision définitive
Bonne réponse : Procède à une levée de doute avant toute décision définitive. La levée de doute permet de confirmer ou d'infirmer un signal avant d'engager des actions lourdes comme l'évacuation générale. Elle se fait sur place par un agent équipé d'une radio.
Quelle temporisation précède l'émission de gaz dans une installation fixe d'extinction automatique à gaz ?
30 secondes
5 minutes
2 minutes
5 secondes
Bonne réponse : 30 secondes. 30 secondes, pendant lesquelles un dispositif sonore et visuel invite les occupants à évacuer immédiatement, sous peine d'asphyxie. Une double détection est mise en place pour éviter tout déclenchement intempestif.