Les moyens de secours : extincteurs, RIA, colonnes
Les 7 moyens d'extinction que doit connaître un agent SSIAP, leurs caractéristiques techniques et leur emplacement réglementaire. Lecture : 3 minutes.
1 Les 5 moyens de secours, les 7 moyens d'extinction
La réglementation distingue 5 moyens de secours au sens large : les moyens d'extinction, les dispositifs facilitant l'action des sapeurs-pompiers, le service de sécurité incendie, le système de sécurité incendie (SSI) et le système d'alerte.
Parmi eux, les moyens d'extinction se déclinent en 7 familles :
Bouches et poteaux d'incendie privés, points d'eau
RIA (Robinet d'Incendie Armé)
Colonnes sèches et en charge
Installations fixes d'extinction automatique (IFEA) — type sprinkler
Déversoirs ponctuels
Éléments de construction irrigués
Appareils mobiles et moyens divers (extincteurs, seaux-pompes, sable...)
2 Les extincteurs
Deux types existent : à pression permanente (une simple action sur la poignée projette l'agent extincteur — cas fréquent du CO₂) et à pression auxiliaire (une cartouche de gaz doit d'abord être percutée).
Règles d'implantation : dans les dégagements, à un endroit visible et accessible, fixés au maximum à 1,20 m du sol, sans jamais gêner la circulation. Aucun point de l'établissement ne doit se trouver à plus de 15 mètres d'un extincteur — soit, en pratique, un extincteur pour 200 m².
Sur un feu d'origine électrique, l'agent extincteur à privilégier est le CO₂ (dioxyde de carbone) — il ne conduit pas l'électricité, contrairement à l'eau.
3 Le RIA (Robinet d'Incendie Armé)
Le RIA est un équipement de premier secours alimenté en eau, utilisable par du personnel qualifié ou non. Il complète les extincteurs mobiles sur un feu plus important, en attendant l'intervention des sapeurs-pompiers.
Il se compose obligatoirement d'un robinet d'arrêt, d'un dévidoir à alimentation axiale, d'un tuyau semi-rigide (20 ou 30 m, diamètre 19/6, 25/8 ou 33/12) et d'une lance trois positions (arrêt, jet diffusé, jet droit).
Implantation : la bobine se situe entre 1,20 m et 1,80 m du sol, chaque RIA porte un numéro dans une série unique, et il doit couvrir efficacement toute la surface des locaux qu'il protège.
La pression minimale au RIA le plus défavorisé doit être de 2,5 bars, vérifiée par un manomètre. Des essais mensuels sont obligatoires, consignés sur un registre dédié.
4 Colonnes sèches et colonnes en charge
Réservées à l'usage exclusif des sapeurs-pompiers, elles se distinguent par leur alimentation :
Colonne sèche — tuyauterie fixe et rigide, vide en dehors des interventions, obligatoire quand le plancher bas du niveau le plus haut accessible au public dépasse 18 m. Diamètre 65 mm en cas général, 100 mm pour les risques importants. On distingue la colonne montante (dessert les niveaux supérieurs) de la descendante (dessert les niveaux inférieurs).
Colonne en charge — en permanence sous pression, alimentée par réservoir, surpresseurs ou pompes. Débit minimal de 1 000 L/min, pression de 4,5 à 8,5 bars, tenue au moins une heure. Peut être imposée dans les établissements importants ou les IGH de plus de 50 m.
Dans les deux cas, le raccord d'alimentation doit se situer à moins de 60 m d'un poteau ou d'une bouche d'incendie.
Un extincteur sur roues à eau pulvérisée, stocké dans un coffret mural de l'étage
Une installation d'extinction à têtes thermosensibles qui s'ouvrent seules au-dessus du foyer
Un équipement alimenté par une colonne sèche, strictement réservé aux sapeurs-pompiers
Un équipement fixe de première intervention, alimenté en eau, utilisable sans qualification
Bonne réponse : Un équipement fixe de première intervention, alimenté en eau, utilisable sans qualification. Le RIA (robinet d'arrêt, dévidoir, tuyau semi-rigide, lance) permet une première intervention rapide ; contrairement aux colonnes sèches et en charge, il n'est pas réservé aux sapeurs-pompiers.
Un RIA doit être implanté de manière à ce que :
Toute la surface des locaux puisse être efficacement atteinte
Il soit placé à l'intérieur même du local à protéger, au plus près du foyer
Chaque robinet soit à moins de 15 m d'un extincteur
Un seul robinet dessert l'ensemble des niveaux du bâtiment
Bonne réponse : Toute la surface des locaux puisse être efficacement atteinte. MS 15 : le nombre et l'emplacement des RIA permettent d'atteindre toute la surface ; ils sont placés à l'intérieur du bâtiment, à l'extérieur des locaux à protéger.
La poudre polyvalente d'un extincteur « ABC » est efficace sur les feux de :
Classes A, B et C (solides, liquides, gaz)
Classes A et B uniquement (solides et liquides)
Classes A, B et D (solides, liquides, métaux)
Classes B et C uniquement (liquides et gaz)
Bonne réponse : Classes A, B et C (solides, liquides, gaz). La poudre polyvalente ABC couvre les solides, les liquides et les gaz ; les métaux (classe D) exigent des poudres spéciales.
Pourquoi ne doit-on pas projeter un extincteur à eau sur une installation électrique sous tension, sans précaution ?
Le jet d'eau détruit les protections de l'installation
L'eau est conductrice : risque d'électrisation de l'utilisateur
L'eau est sans effet sur un feu d'origine électrique
L'eau dégage un gaz toxique au contact du cuivre
Bonne réponse : L'eau est conductrice : risque d'électrisation de l'utilisateur. L'eau conduit le courant : sans coupure préalable ni distance de sécurité, l'utilisateur s'expose à l'électrisation.
Le CO2 d'un extincteur agit principalement par :
Émulsion du combustible liquide
Refroidissement intense du combustible
Étouffement : il chasse l'oxygène autour du foyer
Inhibition chimique de la réaction en chaîne
Bonne réponse : Étouffement : il chasse l'oxygène autour du foyer. Le CO2 déplace l'oxygène (étouffement). Non conducteur, il convient aux feux d'origine électrique.
La vérification périodique des extincteurs doit être effectuée :
Tous les ans, par l'agent SSIAP de service lui-même, sans autre intervenant
Tous les deux ans, par l'exploitant lui-même, avec consignation au registre
Au moins une fois par an, par une personne ou un organisme compétent
Tous les cinq ans, lors d'une révision complète par le constructeur
Bonne réponse : Au moins une fois par an, par une personne ou un organisme compétent. MS 38 § 4 : vérification annuelle et révision tous les dix ans par une personne ou un organisme compétent.